Visite du Prince William au Québec

Vive la République ! À bas la monarchie !

 

Le Rassemblement pour l’Indépendance Nationale (RIN) annonce sa participation officielle à la manifestation de protestation contre la présence de la monarchie britannique au Québec, qui aura lieu le 3 juillet prochain, à midi, devant l’Hôtel de Ville de Québec.

Monsieur Richard Le Hir, président du RIN et ex-ministre dans le gouvernement Parizeau, dirigera en personne le groupe de militants du RIN qui dénonceront la présence des représentants de la monarchie britannique, ainsi que les exactions, commises en son nom, contre la nation québécoise.

Membres et non-membres sont invités à se joindre à notre contingent.

Transport disponible, par autobus, 15$ aller-retour.
Pour réserver : Montréal, contactez Louis-Philippe Dubois à montréal@resistancequebecoise.org
Pour réserver :  Sherbrooke, contactez Denis Pagé à estrie@resistancequebecoise.org

Voici la nouvelle bannière du RIN sous laquelle marcheront les militants qui vont manifester contre la visite de William le 3 juillet à Québec.

Bannière du RIN

À voir : Le Temps des Bouffons, de Pierre Falardeau.

Texte de Richard Le Hir :

Le Canada, le Québec et la monarchie britannique
William, Prince de nos bouffons
Le Québec se trouve à faire les frais des problèmes existentiels du Canada

Pierre Falardeau connaissait le pouvoir meurtrier du ridicule et il ne se gênait pas pour l’exploiter. Nulle part ne le fait-il avec un effet plus dévastateur que dans « Le temps des bouffons », ce documentaire-choc sur nos élites dirigeantes qui grouillent dans l’ombre de la monarchie et qui y puisent la « légitimité » avec laquelle ils se sentent justifiés de nous exploiter.

On aurait tort de penser que les Québécois sont les seuls à être victimes de cette exploitation. En fait, tous les Canadiens le sont. Des événements comme en décrit Falardeau dans son film, il s’en déroule partout au Canada, et sans doute bien plus ailleurs qu’ici. La différence avec le Québec réside essentiellement dans la proportion beaucoup plus élevée de sa population qui conteste cette « légitimité », nos origines différentes et notre histoire y sont évidemment pour quelque chose.

Ce que nous contestons, ce n’est pas tant l’exploitation (nous nous laissons assez facilement exploiter par les nôtres), ni même la monarchie (les Québécois n’ont pas, comme les Français, fait la Révolution et guillotiné des têtes couronnées), que l’assujettissement à un pouvoir étranger, donc usurpateur, et les exactions dont ce pouvoir s’est rendu coupable à l’endroit de notre peuple depuis la conquête.

Bien sûr, les tensions les plus vives se sont apaisées au fil des années, en bonne partie parce que les Québécois ont su trouver les parades propres à assurer leur survie, depuis la « revanche des berceaux », jusqu’à la « révolution tranquille » et aux revendications indépendantistes, mais la monarchie britannique demeure le symbole d’un pouvoir dominateur et assimilateur.

À  l’occasion de la « visite royale » qui se déroulera dans quelques jours, l’usurpateur, ce sera William, prince de la monarchie britannique et des bouffons qui s’en réclament. Force est de constater, qu’au 21e siècle, la monarchie est une irruption incongrue du passé qu’on pourrait à l’extrême rigueur tolérer si elle avait le bon goût de se faire très discrète. Mais ce n’est hélas pas le cas, tant s’en faut, et les médias nous inondent régulièrement d’un mélange de scandales et de kitsch à faire lever le cœur des plus hardis.

Pour son plus grand malheur et le nôtre, la monarchie britannique s’affiche sûrement comme l’une des plus délinquantes à tous égards. Et au cours du règne d’Élizabeth II, absolument rien ne nous aura été épargné, depuis les affreux « bibis » dont elle semble  avoir une inépuisable collection jusqu’aux frasques scabreuses de sa sœur,  de ses enfants et de ses brus

http://www.mirror.co.uk/news/top-stories/2008/02/16/bank-job-that-opened-the-door-on-a-royal-sex-scandal-115875-20320893/,

http://www.dailymail.co.uk/femail/article-457756/The-moment-princess-fell-gangster.html,

http://www.textfiles.com/phreak/camilla.txt  ,

http://www.dailymail.co.uk/tvshowbiz/article-1287807/Royal-merry-round-Is-Princess-Anne-Camillas-ex-again.html

qui ont mis sa couronne en péril et ébranlé les fondements de l’institution qu’elle représente au point même qu’elle s’est sentie obligée d’évoquer il y a quelques années son « annus horribilis » devant le monde entier, ébahi, qui n’en demandait surtout pas tant.

Il faut donc que les Canadiens soient sérieusement mal pris pour voir dans la monarchie britannique un symbole de leur identité nationale, comme le suggère La Presse dans un article paru hier. Il faut lire ce commentaire de Kevin MacLeod, le secrétaire canadien d’Élizabeth II et porte-parole de cette tournée officielle, pour comprendre à quel point ils sont prêts à n’importe quel amalgame pour nous vendre leur salade sans même être conscients de ce qu’il peut avoir d’injurieux pour les Québécois :

« La Couronne est bien plus qu’un symbole, selon moi. C’est une réalité de notre système politique, ça touche notre identité comme Canadiens. Nous ne sommes pas des Américains, nous avons une identité différente, nous avons d’autres symboles, comme la fleur de lys, le castor, Bonhomme Carnaval ou la Couronne. Ces choses reflètent notre identité collective. » Vous remarquerez que le Québec peut revendiquer trois de ces symboles, que le reste du Canada est pris avec trois symboles qui ne lui appartiennent pas et qu’il est obligé d’emprunter pour se définir. La vérité, et ce propos en constitue un aveu retentissant, c’est que l’identité canadienne repose sur la monarchie britannique et le Québec. Sans ces deux éléments, les Canadiens sont des Américains. On comprend donc qu’ils tiennent tant au Québec. Et ce qui doit être le plus difficile à avaler, pour eux , c’est que le Canada et le Québec n’ont en commun que le castor donc très peu de choses. Qui plus est, l’identité québécoise n’a aucunement besoin de la monarchie britannique pour exister. En fait, elle lui est imposée.

C’est donc  le Québec qui se trouve à faire les frais des problèmes existentiels du Canada. Il serait temps que les Québécois s’en rendent compte.

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